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Sur le terrain

 

La transcription d'un récit sur le terrain, avec l'informateur qui l'a enregistré. La vue depuis le village de FengKe. En contrebas, le fleuve Yang-tsé (en chinois: jinsha jiang, ou chang jiang).
Transcription d'un récit (photo: Song Jian). La vue depuis le village de FengKe. En contrebas, le fleuve Yang-tsé.

Je mène des recherches de terrain sur le na (aussi appelé naxi ou moso), langue sino-tibétaine parlée en Chine.

Au plan personnel, les recherches sur le terrain sont une expérience humaine exceptionnelle. Au plan scientifique, le travail de phonétique expérimentale sur le terrain fournit l'occasion d'amener le laboratoire sur le terrain, dans les localités où sont parlées les langues concernées, plutôt que d'amener les langues au laboratoire. Les contraintes spécifiques de la linguistique de terrain peuvent, en pratique, se retourner en avantages. Le travail de terrain permet d'étudier la langue là où elle coule de source, et offre également à l'enquêteur le loisir d'évaluer avec précision l'effet d'un éventuel bilinguisme sur les locuteurs qui travaillent avec lui. Les hypothèses suggérées par l'observation à l'oreille (lors de la transcription de récits, ou dans les échanges du quotidien) peuvent être soumises à vérification sans délai, par des expériences phonétiques ciblées. Concevoir des expériences adaptées pour recueillir le sentiment linguistique de locuteurs peu familiers des tests de tous ordres s'avère non seulement réalisable, mais très utile pour faire avancer la réflexion. Au moyen d'un équipement de pointe autrefois réservé au laboratoire, il est également possible de réaliser, au fil des semaines, des corpus de grande taille (et d'excellente qualité). De longs enregistrements de parole continue (récits de vie, récits traditionnels, épisodes de la vie du village) ont été réalisés alors que le locuteur portait les électrodes d'un glottographe, ou un transducteur ferromagnétique (placé contre une narine pour l'étude de la nasalisation), cela sans difficulté, les locuteurs ayant eu le temps de s'accoutumer à ces techniques impressionnantes mais absolument sans danger. Les abondants matériaux recueillis peuvent être abordés à l'aide des outils (notamment statistiques) de la linguistique de corpus. La linguistique de terrain, linguistique des langues, offre une ouverture exceptionnelle sur diverses branches de la linguistique. Elle permet de relativiser les débats tels que celui qui oppose phonétique et phonologie, deux disciplines dont le tête-à-tête est parfois trop exclusif pour être fructueux.

Vous pouvez consulter le rapport 2002 d'un Projet innovant à l'Université Paris 3: "travail de première main sur langues rares" et le rapport 2003.

 

Cliquer sur la légende d'une des petites images pour accéder à des photos commentées.

Village de A Ser

Village de Fengke

Village de Yongning

Langue laze

Ecoles en pays naxi

 

Le travail de terrain sur la langue na repose sur une collaboration avec l’Académie des Sciences Sociales et Humaines de Chine ; dans le Yunnan, les partenaires du projet sont le Pr. Guo Dalie (directeur du Centre d’Etudes en ethnologie de l’Acad. des Sc. Sociales du Yunnan) et le Pr. He Xueguang (Bibliothécaire de l’Institut des Sc. Politiques du Yunnan), ainsi que le Centre de recherches sur la culture dongba et le Musée de la culture dongba. Thomas Pinson travaille depuis des années sur le naxi. Il a en projet une nouvelle version de son dictionnaire : à suivre ! A Yongning, le principal partenaire du projet est Latami Dashi, Vice-directeur du Centre de recherche sur les cultures ethniques de la préfecture de Ninglang. 

Pour l'anecdote : un double article est paru dans un journal de Hong Kong sur mes recherches de terrain (en chinois). Premier article, et deuxième article, au format JPEG ; ou au format PDF.

Un article paru en 2006 : "Tonal reassociation and rising tonal contours in Naxi".

 

Dernière mise à jour : janvier 2007.